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C’est le tour de Bissau!

Triste début, commencer par la Guinée Bissau qui renforce notre ruée africaine vers l’auto-destruction. dead-old-gen1

Afrique masochiste ou défoncée?

Se réveiller un matin et entendre qu’un chef d’état-major des armées a sauté sur une bombe posée dans son escalier et que le président d’un pays, chef des armées, suspect d’avoir liquidé son bras droit en charge de la défense nationale, est torturé et étripé comme un lapin par son armée, tout cela en 2009? C’est un sacré coup sur la dignité du “homo africanus” où qu’il soit. Peu importe le niveau d’éducation, standing social ou simplement expérience, il est clair que nous, africains, avons atteint un niveau élevé de la démence masochiste.

http://www.youtube.com/watch?v=XrkNwPuRO1s

Il sera toujours facile de tirer sur l’homme blanc, colon, esclavagiste, raciste et autres sobriquets que nous pouvons passer des journées à déballer. Cela fait plus de 50 ans que nous sommes incapables de nous organiser socialement, nous développer économiquement et nous faire respecter mondialement. La légende fait que nous passons pour des dociles, gentils et liés à nos valeurs familiales; voilà la clé du problème: des âneries pareilles cachent notre tendance à l’autodestruction.

L’exemple flagrant est notre conception du progrès, l’opulence, l’influence et le pouvoir.

Cas du Rwanda

Commençons à la maison chez nous au Rwanda, en observant notre attitude face aux domestiques. Nous comprenons l’ampleur de la bêtise humaine quand nous atterrissons dans les milieux où nous ne pouvons pas employer “umuboyi” ou “umuyaya”. Qui n’a jamais prononcé des termes du genre: “Kadogo fais-ci, kadogo fais-ça! Et vite, espèce de …., tu n’écoutes jamais rien, mbega akagoryi, agacucu, injiji, wewe mjinga” et d’autres perles journalières à profusion. Une fois arrivé au boulot, laissant Kadogo ou Kadende, sans contrat, à la garde et au nettoyage du ménage avant la cuisine (tout cela avant-midi), qui n’a pas subi les sautes d’humeur de son chef, les ordres au lieu d’instructions, le mépris face au subalterne? Avançons. Il paraît même que les officiers supérieurs de l’armée, selon “radio gisimenti”, se prennent des gifles de temps en temps. L’avantage étant que, dans la ville de Kigali, que tu sois ministre ou colonel, inutile de te la jouer big boss, tu peux dégager sans préavis du jour au lendemain. Chose rare mais qui en dit long sur notre conception de l’autorité.

Pleins feux sur les présidents africains.

http://www.monitor.co.ug/artman/publish/Charles_Onyango_Obbo/Museveni_to_retire_in_2021_so_who_is_his_successor_80882.shtml

En lisant cet article, j’ai essayé d’appliquer cette notion à la République Rwandaise. (Au passage, Morgan Tsvangirai a failli y passer et sa femme est morte dans un accident bizarre).

Notre cher président est exceptionnel. Il n’a pas commencé l’exercice du pouvoir dans les fauteuils des présidents et le faste du protocole. Il s’est entraîné à diriger dans les pires des conditions: la forêt, la clandestinité, la guérilla sans vraie logistique. Et il a réussi à mener des hommes à la victoire malgré tous les extrêmes de la dureté des opérations militaires. Les soldats n’étant pas des enfants de chœurs, serait-il donc plus facile de diriger les civils? Peut-être. Tout compte fait, il avait 37 ans en 1994. Il est président élu démocratiquement, à l’âge de 48 ans, pour un mandat de 7 ans, sans dire, renouvelable. Nous pouvons donc affirmer qu’il aura 62 ans à la fin des deux mandats.

Si Paul Kagame décide de quitter le pouvoir à la fin du deuxième mandat, il aura réformé l’histoire du continent africain. Les Museveni et autres vieux lascars sont actuellement occupés à changer la constitution pour qu’ils aient plus de longévité au pouvoir. L’histoire nous montre que ces pratiques poussent les états africains à l’implosion. Kagame a encore une chance de donner au continent une leçon de lutte pour la stabilité des institutions. Dans son deuxième mandat, il devra donc mettre en place une alternative, un plan B, car tout repose sur lui maintenant. C’est dangereux, si jamais il lui arrive quoi que ce soit, aucune figure politique ou militaire n’est assez crédible pour tenir la baraque. En tant que fin stratège, il va y remédier.

Moralité de cette histoire

Les structures d’un pays sont renforcés par la volonté de ses patriotes de bâtir une nation. Unir les forces et coordonner les efforts du développement national en tissant des liens et alliances efficaces avec les autres pays. En Afrique, la priorité des hommes au pouvoir est “comment s’y maintenir”. Synonyme de la fragilité de nos systèmes de gouvernement, l’absence de force de caractère et la fébrilité des gouvernants. En 2009, les présidents africains sont encore susceptibles de se faire couper la tête, du jour au lendemain. Triste réalité.

Conclusion

L’histoire du pouvoir au Rwanda fait froid au dos:

Premier président : Mbonyumutwa (Janvier à Octobre 1961) Bizarre!
Deuxième président: Kayibanda (1961 à 1973) Mort comme un chien!
Troisième président: Kinani (1973 – 1994) H.E. His Excellency or High Explosives!
Quatrième président: Sindikibwabo (100 days, 1994) The ghost!
Cinquième président: Bizimungu (1994 – 2000). Ooouuups!
Sixième président: Kagame, so far, so good.

Le poste de président au Rwanda: Siège éjectable ou échafaud. Au choix.

March 2, 2009 Posted by | West-Africa | Leave a Comment

   

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